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Bonjour à tous,

À quelques heures de l’arrivée à Fort-de-France, je souhaitais vous livrer notre premier bilan de cette Transat Jacques Vabre 2021. Ce texte a pour but d'éclaircir nos pensées avec Lalou.

Nous sommes forcément frustrés de cette contre-performance. Sportivement, ce n'est pas ce que l'on était venu chercher, Ce n'est pas ce qu'on voulait offrir à notre partenaire Arkema, au Team Lalou Multi et à tous ceux qui ont contribué au projet. Ce n'est clairement pas un résultat qui est à la hauteur de l'engagement que nous avons mis avec Lalou sur l'eau pendant 17 jours, et toute l'équipe depuis 2 ans en général.

Nous avons connu des petits problèmes techniques qui nous ont fait perdre du temps et de la distance sur l'eau. Nous n’avons pas tout le temps été brillants en météo, mais nous avons quand même clairement manqué de réussite, avec le sentiment d'être contre les éléments. C'est un résultat qui fait mal.

Concernant le binôme, tout s'est très bien passé : enchaînement des quarts, bienveillance, partage des réparations suivant nos compétences et disponibilités. J'ai continué mon apprentissage jour après jour, sur la vie à bord, la responsabilité de mener une telle machine dans les grains, des conséquences qu'il peut y avoir si tu ne restes pas éveillé au bon moment... Nous avons perdu la TJV, mais j'ai appris énormément sur moi et sur ma préparation pour la Route du Rhum de l’an prochain.

"Je ne perds jamais, soit je gagne, soit j'apprends." (Nelson Mandela)

Le bateau va bien, c'est une super base. À nous de trouver les réglages de quête et d'équilibre pour le rendre plus polyvalent. Ce que nous avions appris sur l'ancien trimaran n'est plus valable sur celui-ci. Un peu extrême en début de saison après avoir vécu plusieurs enfournements, nous avons voulu assagir le bateau en rajoutant 1 degré de quête ; mais aussi en déplaçant les poids fixes de sécurité à bord (presque 80 kg : ancres, radeaux, bidon de survie...). Un pari pas très risqué pour une Transat Jacques Vabre, mais la météo a décidé d'être beaucoup trop clémente sur notre parcours... En tout cas, on se sent bien à bord, en sécurité. Nous avons vécu une nuit magique il y a 48 heures, au reaching sous pilote, tous les deux dans le roof. Ce fut une vraie démonstration de l'utilisation et du potentiel de ce bateau ! Il faut bien s'imaginer qu'avec Lalou, nous venons de vivre une expérience de vie unique.

Passer 17 jours en colocation, trempés en permanence, sous le stress de la compétition, sans jamais rien lâcher, en adaptant sans cesse nos réglages, en gérant nos changements de voile, tout en vérifiant en permanence qu'il n'y a pas de problème autour de nous... Un taux d'adrénaline élevé depuis le départ du Havre. Dormir, manger, vivre à bord ; rien n'est simple. En moyenne, nous étions entre 90-100 % de la polaire, ce qui prouve que l'on a réussi à exploiter le bateau, mais clairement, nous n'avons pas bénéficié de la même météo que les premiers.

La classe Ocean Fifty a franchi un cap cette année. Le moindre problème technique te coûte la course. Avant tu pouvais finir sur le podium en t'arrêtant réparer, maintenant ce n'est plus possible !
Les 7 bateaux peuvent gagner. Le niveau est monté vers le haut, donc les contre-performances peuvent arriver. Il y a un seul vainqueur, et les autres. À nous de faire en sorte d'apprendre de notre défaite. Il faudra que l'on analyse dans le détail les raisons de ce résultat frustrant et que l'on identifie les points d'améliorations que ce soit en mer ou sur terre.

Nous sommes dans une compétition sportive et professionnelle, pas dans un rallye d'amateur. Cela s'appelle la course au large. Ce qui fait aussi que quand tu es derrière, suivre la route des autres ne t'apportera aucun avantage. Nous avons donc commencé à prendre des risques stratégiques mesurés à partir du Cap Vert. Aucun ne s'est avéré efficace, malgré des prévisions météo qui étaient rassurantes.

Nous sommes désormais en approche de Fort de France, allons profiter de ces derniers instants en mer avec Lalou, et avons hâte de tous vous retrouver à l’arrivée.

Quentin Vlamynck, skipper d’Arkema 4 au 17e jour de la Transat Jacques Vabre 2021.

Problèmes techniques rencontrés par Arkema 4 sur la Transat Jacques Vabre 2021 :

  • L'écran Garmin sur le bras avant qui dysfonctionne après le Cap Finisterre au moment où il fallait attaquer. Nous perdons un peu de temps à régler ce souci, réussir à l'isoler, sans perdre l'antenne GPS qui est la seule antenne nous permettant de faire fonctionner le pilote. 
  • Taquet du foil babord : rien de dramatique mais il a fallu aller dans le carénage arrière de bras pour réparer, ralentir le bateau pour qu'il n'y ait pas de vague sur le pont...
  • Bug du compas principal inutilisable dès la 3è nuit
  • Problème de pilote résolu.
  • Fuite d'eau moteur dont le câble d'embrayage décroché qui s'actionne en épongeant. Résultat 2 heures de pénalités et 1 heure dans le moteur à réparer.
  • Loop de Gennaker qui casse.
  • Rationnement de gasoil.
  • Communication et envoi vidéo pas terrible du tout. Solutionné en cours de route, mais j'ai l'impression que toutes les vidéos envoyées ne sont pas arrivées à terre.