Le rythme dans la peau

Longtemps, les visiteurs de l’usine Arkema de Sant Celoni en Espagne ont été accueillis par le visage souriant de Marisa Closa. Avant que la réceptionniste ne se consacre à la gestion des ressources humaines et à la communication du site. Marisa a bien voulu nous parler de son métier mais aussi se confier sur sa passion pour la danse et le chant.

On a coutume de dire que la prise de contact détermine la première impression. C’est le b.a.-ba du métier de réceptionniste. « A chaque fois que j’accueille quelqu’un, je me considère comme l’ambassadrice d’Arkema. Je dois donner la meilleure image de l’entreprise que je représente », confirme Marisa Closa. Un réflexe que la native de Santa Maria de Palautordera, un joli village de la province de Barcelone où elle demeure toujours, a eu le temps de cultiver après de longues années passées à la réception de l’usine Arkema de Sant Celoni spécialisée dans la production de résines de polyester en poudre pour le marché des peintures et revêtements.

« Je connais tout le monde ici… »

Sant Celoni, localité de 17 000 habitants située sur l’axe stratégique de communication de la Catalogne avec l’Europe, n’est séparée que de 5 km du domicile de Marisa. Un bon point pour celle qui rejoint l’usine chimique de Resisa (reprise par Cray Valley puis par Arkema), après 4 ans de Formation Professionnelle (FP2) en administration. « Ils recherchaient une secrétaire pour l’accueil du site. J’y suis finalement restée 24 ans, fidèle à ce que j’appelle mon poste de vigie ! Autant dire que je connais tout le monde ici. Vous savez, Sant Celoni, c’est comme une grande famille. »

Pour Marisa, les journées ont longtemps été rythmées par les appels téléphoniques. « Quand j’ai commencé, nous étions 285 sur le site et il n’y avait pas de numéro direct. Toutes les communications passaient par le standard. Ça n’arrêtait pas. Je me souviens avoir transféré 900 appels dans la même journée ! C’était un travail parfois stressant mais la règle est de ne pas le montrer. En toute circonstance, il faut rester accueillant. Ça ne me posait pas trop de problème parce que j'ai une bonne relation avec les gens. J'essaie toujours de les aider. C’est un plaisir pour moi de pouvoir satisfaire les autres. »

« J’apprends et je progresse toujours. »

Peu à peu Marisa s’est vu confier, parallèlement à ses tâches habituelles de réceptionniste, diverses missions aux Ressources Humaines de Sant Celoni. Jusqu’à céder définitivement sa place à l’accueil du site pour intégrer les RH. « Une de mes occupations principales consiste aujourd’hui à entrer dans le système les données nécessaires à la gestion des ressources humaines. Tout ce qui est heures travaillées, heures supplémentaires, les absences, les calendriers des 200 salariés (130 à Sant Celoni et 60 à Mollet). S’ajoute à cette activité quelque chose qui me plaît beaucoup : la communication. Avec la diffusion d’informations en interne, sur la vie de l’usine, les actualités du Groupe, tout ce qui touche aux bonnes pratiques, à la sécurité... Là par exemple, je me suis occupée de la traduction des Essentiels du français vers l’espagnol. » Marisa a bénéficié de formations successives pour maîtriser les différents outils informatiques et perfectionner son usage des langues étrangères à commencer par l’anglais et le français qu’elle parle avec une belle aisance. « C’est une chance de pouvoir toujours apprendre et progresser. C’est aussi une fierté  de contribuer à la réussite d’une grande entreprise comme Arkema. »

Alors, elle danse…

Sant Celoni est connu pour son « Ball de Gitanes » qui remet à l’honneur chaque année une danse traditionnelle de la région du Vallès oriental. Une source d’inspiration pour Marisa : « Petite, lorsque les fêtes populaires arrivaient, j’aimais m'asseoir devant la scène et regarder. J’étais fascinée. Tout comme j’adorais voir les émissions de variété et les chorégraphies à la télé. » Ce n’est pourtant qu’à l’âge de 24 ans qu’elle s’inscrit à des cours de danse de salon avec Rafael, son cavalier et mari. « Nous avons appris une dizaine de danses comme la valse viennoise, le slow fox, le quick step, le cha-cha-cha ou le jive, l’équivalent du rock rapide, mon préféré ! Ça va très vite, c’est aussi fatiguant que de courir un 800 m. Tu dois être en super forme. Nous étions tellement mordus que nous allions chaque semaine à Reus, une ville à 150 km d’ici pour être coachés par des danseurs champions du monde de danse. Nous avons donc gravi les échelons même si ça restait avant tout un hobby et que nous n’étions pas vraiment intéressés par la compétition. Il faut dire que c’est des heures d’entraînement chaque jour, des voyages incessants et avec nos métiers, ce n’était pas possible. On n’a eu aucun regret. Je crois que c’est ça le principal : danser pour la plaisir avec quelqu’un que tu aimes. Je me rappelle quand nous allions au bal quelque part, des femmes m’abordaient pour me demander si elles pouvaient danser avec mon mari ? Je disais oui bien sûr ! C’est normal. Il n’y a pas de jalousie. Mais c’est rare de bien danser avec un inconnu, sauf si c’est quelqu’un de fort. Parce que tu es habitué à ton cavalier. Il y a des automatismes, une complicité. Aussi les gens nous regardaient et demandaient : « Oh ! Vous dansez très bien, ou avez-vous appris ? » Ça nous a donné envie à notre tour de transmettre notre petit savoir. L'enseignement a été une expérience inoubliable. Notamment quand des personnes me disaient : « Ne perd pas ton temps avec moi, je suis trop mauvais… » Et ils finissaient par danser très bien. Tu te sens très fier alors ! »

« Révéler une part de créativité enfouie en moi. »

Un problème de cheville pour Rafael, un enfant qui vient au monde… Marisa danse moins. Qu’à cela ne tienne, elle chantera ! « Un collègue de l’usine jouait super bien de la guitare électrique. Je lui avais parlé de mon goût pour la chanson. Quand j’étais ado, je notais dans un recueil toutes les paroles qui me plaisaient. Il m’a alors demandé si je voulais chanter dans son groupe ? Il n’avait jamais rien entendu de moi ! J’ai décliné l’invitation. Il a insisté. Il m’a passé un enregistrement de la musique. Ça m’a plu. J’ai accepté de prendre le risque et me voilà en studio. Je n’avais jamais fait ça. Je ne lisais pas la partition. Je chantais tout à l’oreille. Il m’a dit : si tu veux, tu chantes chaque phrase et on mixera ensuite. J’ai dit : non je fais tout d’un trait ! Deux prises ont suffit. La chanson était de Suzi Quatro : « If you can’t give me love ». C’était il y a 15 ans. Une expérience intense qui m’a permis de révéler une part de créativité enfouie en moi. » Un souci vocal va paradoxalement accélérer cette révélation. « Je souffrais de nodules vocaux. On m’a prescrit des cours de chant pour la rééducation. J’ai alors appris à libérer le diaphragme, à ouvrir les résonateurs du corps… C’est comme d’apprendre à respirer ! En fin d’année pour la fête de l’école de musique où je suivais ma rééducation, ma prof m’a demandé si je voulais chanter quelque chose. J’ai chanté « Big Spender » de Shirley Bassey et « Stop » de Sam Brown et je n’ai plus arrêté ! »

Chanter dans une prison, une expérience forte

Depuis, Marisa a rejoint un groupe amateur, le Just Band, qui lui permet de donner libre cours à sa passion. « Nous sommes 7 membres, des jeunes et des moins jeunes. Notre batteur a 67 ans mais il a une pêche d’enfer ! Nous reprenons des chansons d’Amy Winehouse, Ella Fitzgerald, Frank Sinatra, mais aussi de Cher, Guns and Roses, Prince, Queen, Tina Turner... Nous avons aussi deux chansons en catalan, n’oublions pas que c’est notre région ! Nous nous produisons dans les bars et les fêtes. Nous avons voulu nous constituer en association à but non lucratif car nous voulons nous rendre utile. En participant par exemple régulièrement au Marató (Marathon) de la chaîne TV3 qui permet de collecter des fonds pour soutenir la recherche médicale. Nous avons aussi récemment donné un concert au centre pénitentiaire de Figueres. C’était une expérience différente de celles que j’ai connues, quelque chose de très fort. » Une dimension humaine essentielle pour Marisa : « Vous savez dans un groupe, on ne partage pas toujours exactement les mêmes goûts. Mais on découvre en interprétant des chansons auxquelles on n’aurait pas forcément pensé au départ qu’on peut sortir de ses propres habitudes et réussir pas trop mal. C’est une question de respect mutuel, d’écoute et de travail. Ça procure un grand bonheur. »

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