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Bio-usines : Arkema s'investit dans la chimie durable

Champ de lin

Arkema a fait du développement de produits biosourcés une de ses priorités. Le Groupe possède déjà 4 bio-usines dans le monde, dont la production représente à ce jour 13 % de son chiffre d’affaires. Arkema travaille sur plusieurs nouveaux projets. Le point avec Jean-Luc Dubois, Directeur scientifique catalyse, procédés et conversion de la biomasse.

Arkema est un acteur mondial de la chimie biosourcée, quelles sont vos principales activités dans ce domaine ?

Jean-Luc Dubois > Chez Arkema, la chimie issue du végétal ne date pas d’hier. Sur nos 136 sites dans le monde, on peut dire que nous avons 4 bio-usines.

 

La première, basée à Marseille, transforme l’huile de ricin en acide amino undécanoïque (ou amino 11), le monomère du PA11 (Rilsan®), un polyamide dit « à longue chaîne » de très haute performance que nous sommes les seuls au monde à fabriquer.

Nous co-produisons aussi de gros volumes de glycérine, heptanaldéhyde, heptanol, acide heptanoïque et esters gras, que nous valorisons sur les marchés de la pharmacie, de la peinture, des lubrifiants ou de la parfumerie.

 

Nous possédons une autre bio-usine également alimentée en huile de ricin à Hengshui, en Chine - Casda Biomaterials, société que nous avons acquise il y a 2 ans. Elle met en œuvre une chimie différente et produit un autre monomère, l’acide sébacique. Cet acide est utilisé par Hipro Polymers, une autre société que nous avons rachetée en même temps,  pour produire du polyamide 10.10, polymère qui s’adresse au marché des polyamides à longue chaîne.

 

Aux Etats-Unis, notre usine de Blooming Prairie est spécialisée dans l’époxydation de matières premières bio-sourcées, comme les huiles de soja, de lin ainsi que les terpènes issus des résines des conifères notamment. Les produits obtenus sont utilisés comme additifs dans les formulations polymères, les lubrifiants et l’industrie cosmétique.

Enfin, nous avons une bio-usine en France au sein de notre filiale CECA. L’usine de Feuchy transforme des acides gras végétaux en tensio-actifs, que l’on retrouve dans des applications variées telles que les enrobés tièdes pour les bitumes ou encore comme anti-mottants dans les engrais.

Où-en êtes-vous de vos recherches pour produire de l’acide acrylique renouvelable ?

Jean-Luc Dubois > Le groupe Arkema est un acteur mondial de l’acide acrylique (aujourd’hui issu du propylène), principale matière première des absorbants pour les couches culotte et des résines pour les peintures. A ce titre, nous travaillons en effet depuis de nombreuses années dans nos centres de recherche de Pierre-Bénite et de Carling pour produire de l’acide acrylique à partir de glycérol, co-produit du bio-diésel et de l’oléochimie.

Mais la mise en œuvre industrielle est conditionnée par l’obtention de quantités importantes de glycérol, à des qualités et prix compétitifs. Nos clients sont prêts à acheter de l’acide acrylique renouvelable mais pas s’il est 15 % plus cher que l’acide acrylique conventionnel. Les changements de politique au niveau européen, notamment les systèmes d’aide au biocarburants, n’ont pas permis d’avoir sur le marché les quantités attendues de glycérol, ce qui retardera l’exploitation industrielle des technologies telles que la nôtre qui prévoyaient une plus grande disponibilité.

Précisément, le développement de la chimie renouvelable ne risque-t-il pas d’être limité pour des questions de coûts de production ?

Jean-Luc Dubois > Avec les bio-usines que nous opérons depuis des années, nous avons la preuve que l’on peut fabriquer des produits bio-sourcés techniques performants, compétitifs et qui répondent à une vraie demande du marché. Nous savons aujourd’hui que le modèle le plus viable est celui de la bio-raffinerie qui consiste à récupérer les fractions de plantes qui nous intéressent, et à trouver les partenaires pour valoriser le reste, sans que pour autant il s’agisse de parties moins nobles.

 

L’intérêt pour une société comme Arkema est de remonter dans l’analyse le plus en amont possible de la chaîne de valeur jusqu’à la plante. Celle-ci doit être soigneusement sélectionnée en fonction des produits que l’on veut fabriquer, mais aussi des coproduits qui génèreront les meilleures valeurs pour nos partenaires.

Avez-vous déjà noué des partenariats pour développer de nouveaux projets ?

Jean-Luc Dubois > Oui. Avec Elevance Renewable Sciences, nous collaborons pour le développement et la production de polymères de spécialité bio-sourcés. Elevance nous fournit des intermédiaires fonctionnalisés d’origine renouvelable, particulièrement innovants et pour l’instant uniques sur le marché, notamment son ester méthylique de l’acide 9-décénoïque dont il a démarré la production dans sa bio-raffinerie indonésienne.

 

Plus récemment, nous avons annoncé une collaboration de recherche avec la start-up française Global Bioenergies dans le domaine de l’isobutène fermentaire. Nous sommes intéressés par cette molécule et plus généralement par toutes les oléfines que Global Bioenergies pourrait produire par biotechnologie.

 

Nous sommes aussi impliqués dans des projets plus académiques en France à travers l’Ademe et l’ANR, mais aussi dans des projets européens, comme EurobiorefCOSMOS et Biocore.

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